Mis en avant

Pourquoi ce blog ?!

« Soyez vous-même, les autres sont déjà pris. »

— Oscar Wilde.

Cet article est le tout premier que je publie sur mon nouveau blog. J’ai décidé que 2020, serait enfin l’année du changement et de la réalisation de certains de mes rêves. Je ne vais pas être originale si je vous dis que le plus grand était de devenir maman. Le parcours n’aura pas été simple… je vous raconterai tout ça, mais la vie nous a fait le plus beau des cadeaux en 2010 (déjà ! ça passe si vite…). J’ai une autre passion et je ferais en sorte de concrétiser tout ça également. C’est le rire, faire rire, m’amuser et ne pas me prendre au sérieux. La vie est beaucoup trop courte. Je vous souhaite à tous une douce et belle année 🙂 J’espère de tout cœur que vous serez au rendez-vous au fil des articles, alors restez à l’affût pour la suite et abonnez-vous ci-dessous pour rester informé.

10 ans déjà… #4

Ma pépite !
Mon grand garçon

17 mars 2010, une date ancrée en nous à tout jamais ! Un chiffre plus que symbolique. Il y a 10 ans jour pour jour tu venais au monde, sans que nous en ayons la moindre idée. Tu voyais le jour différemment que la majorité des bébés. Tu avais sûrement déjà compris et ressenti que ta maman biologique avait fait le choix de t’abandonner… j’imagine et j’ai envie de te dire, mon Haïlé, qu’elle l’a fait par amour, même si pour toi cela a dû être les pires moments, de ton tout début de vie.

Petit coeur d’amour, ça me tire les larmes et en même temps je ne peux que penser… qu’elle chance pour nous. Nous t’avons tellement rêvé, imaginé, espéré et aimé avant même de savoir que tu étais né.

Deux mois durant tu grandis à la pouponnière, avec Francine, qui va s’occuper de toi et te parler de nous avant même que nous soyons au courant de ton existence ; jusqu’à cet appel merveilleux qui va changer notre vie à tous les 3.

Tu es le plus beau et doux des cadeaux. Je n’oublierai jamais cette sensation quand je t’ai tenu dans mes bras pour la première fois et que mes yeux ont plongé dans les tiens. Dès les premières secondes j’ai su que j’étais ta maman et j’ai vécu un bouleversement qui m’a changée pour toujours. Ces 10 années à tes côtés sont passées beaucoup trop vite, entre autre parce qu’on est si bien ensemble. 10 années où tu n’as jamais cessé de nous rendre heureux, de nous épater, de nous rendre fiers, de nous apporter de l’Amour, de nous offrir cette chance de devenir parents, d’être une famille ! Je te le dis sans aucune hésitation, pour toi mon fils, je donnerai ma vie.

Ce regard… ce sourire 🙂

Saches que lorsque je te sens triste ou inquiet, mon cœur se déchire. Je suis rassurée que tu te confies à moi, à nous, pour exprimer tes peines. Ce sont parfois des chamailleries entre copains d’école, parfois des mots méchants, blessants qui te touchent au plus haut point car tu es un garçon entier, vrai et aimant… mais en moi ça bouillonne, j’ai envie de crier et d’arracher des yeux !! J’exagère bien sûr (quoique) mais ça m’attriste de constater ô combien les enfants peuvent être mauvais, j’ai envie de croire que c’est dû à leur éducation ou leur « moi profond » mais c’est encore plus flippant.

Haïlé tu es si gentil, tu es empathique et tu sais que c’est une grande qualité. Tu as toujours eu un regard différent des autres enfants, tu es bienveillant, tu es le premier à tendre la main, à aller vers ceux qui pleurent, ceux qui ont besoin d’aide, tu as les bons mots au bon moment, tu te soucis du bien-être des gens qui t’entourent. Tu es prévenant, attentionné et aimant. Tu es curieux, tu as soif d’apprendre, tu t’intéresses à beaucoup de choses. Tu es drôle, tu as mon second degré et je n’en suis pas peu fière 😁

Au fait ?! Aurais-tu des défauts ? Oui quelques-uns mais je n’ai pas envie de les retenir car ils font partis de notre parcours, du fait que tu grandis et quand il y a parfois des écarts tu es le premier à t’excuser et dire que tu reconnais de t’être emporté.

A l’instant je repense à cette fois, où à l’âge de 4 ans en t’accompagnant te coucher tu m’as dit « maman j’ai peur de vous perdre, je veux mourir avant vous ! » Tes yeux étaient remplis de larmes, les miens aussi, ça m’a fendu le cœur. Mais mon p’tit chat comment te faire comprendre que c’est une option inenvisageable. Et n’oublies jamais que nous serons toujours présent, toujours là près de toi et nous te soutiendrons.

Tu nous répètes régulièrement « je suis heureux d’être tombé sur des parents comme vous » mais tu n’imagines pas à quel point nous sommes les plus heureux du monde. Pas une journée ne se passe sans que l’on se dise un « je t’Aime ». Tu me gâtes si souvent en me disant « tu es la meilleure maman du monde ».

Toi et Moi

Je vais conclure que une de tes nombreuses phrases qui ont cette force de nous toucher et de nous marquer, malgré ton jeune âge. Tu n’avais que 8 ans et tu nous a dit « on est peut-être pas riche d’argent mais nous au moins,on est riche d’Amour »

Sur ces belles lignes et en cette période de confinement, on te souhaite le plus merveilleux des anniversaires Haïlé, qu’il t’apporte tour le bonheur du monde.

On t’Aime plus fort que brillent les étoiles 🧡

S’apprivoiser, s’aimer ! #3

Francine était très émue quand elle nous a donné le petit trousseau de Haïlé remplit de souvenirs, dont quelques vêtements, des petites peluches dont un doudou lapin bleu et une peluche « boîte à musique » qui s’accroche au lit. Lorsque l’on tire la ficelle, elle joue la fameuse berceuse Brahms… (nous y reviendrons plus tard…). Elle nous a aussi donné un album avec une centaine de photos prises depuis son arrivée à la pouponnière, ainsi qu’un livret remplit à la maternité, avec son bracelet et des photos. Tout ceci était accompagné d’une très jolie surprise. Un cadre avec deux photos de nous trois prises le premier jour de notre rencontre et décoré des empreintes de mains et pieds de Haïlé, faites à la peinture. Nous avons été touchés et très émus. On quitte la pouponnière tous les trois, le cœur lourd et heureux. Tellement d’émotions, tellement de belles choses et de bonnes ondes.

Si paisible

Nous voilà en route pour une nouvelle aventure ! Celle d’être parents, celle de construire notre famille. Bon, nous gardons tout de même à l’esprit que tout n’est pas joué ; nous allons être régulièrement visité à domicile, pendant les six prochains mois. Je ne vous cache pas qu’une certaine inquiétude s’installe, n’ayant jamais évoqué cette possibilité durant les cinq années d’attente de l’obtention de l’agrément… on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Le directeur de service avait d’ailleurs un peu assombri la première visite à la pouponnière, juste avant de découvrir notre pépite, en nous racontant qu’à tout moment pendant les six mois à venir, l’enfant pourrait nous être retiré. Mais nous ne savons pas réellement dans quelles conditions. S’il y a maltraitance par exemple, je pense que c’est rassurant (et dommage que ça ne soit pas fait dans toutes les familles… utopique mais bon…). De notre côté, nous n’avons que de l’Amour à lui donner. Il nous explique que la petite fille placée avant Haïlé a dû être retirée de sa famille après quelques semaines, car la maman n’y arrivait pas, elle avait exprimé le sentiment de ne pas se sentir comme étant sa mère. Cela me semblait complètement insensé quand on voit et connaît le parcours pour arriver jusque là.

Avec sa mamie (ma maman)

On se replonge rapidement dans notre bulle de bonheur et nous partons à la rencontre de nos proches, avant de passer notre première nuit à la maison. La première rencontre avec ma sœur Alexis et ma maman fut intense. Nous avons encore beaucoup pleuré, de joie… c’était tellement fort. Comme avec ma belle-mère, des moments figés dans le temps. Jamais je n’oublierai le regard de pépère Jacques et mamie Paola, leurs yeux pétillants, l’Amour de mes grands-parents pour leur arrière petit-fils. C’était magique. Haïlé a aussi eu la chance de faire la connaissance de mon grand-père vivant au Portugal et venue à cette période en France. Mon père et sa famille était eux aussi très heureux.

Avec mes grands-parents

Il y a eu un élan d’amour, de générosité, autant des gens qui nous entourent que des gens du village où l’on travaille. Les nombreux cadeaux et mots d’affection reçus étaient surprenants et inattendus. Tous nous ont dit que ce que nous avions fait était merveilleux, généreux, que c’était plus beau et plus fort qu’une naissance ! Mais pour nous cela a toujours été naturel, Haïlé est notre fils depuis cet appel téléphonique du 21 mai 2010. Nous n’en avons jamais douté, sans même l’avoir vu. Même nos deux boules de poils, Sencey et Kheira l’ont de suite accepté et ont été adorables et protecteurs. Tout était fluide et naturel, tout se passait extrêmement bien. Haïlé a trouvé ses marques et repères facilement. J’ai adoré le bercer, lui faire écouter et chanter des chansons, comme « une chanson douce » de Henri Salvador, « I’m Yours » de Jason Mraz en version live à Séoul, qui est d’ailleurs sa préférée et qu’il jouait (enfin essayait) plus grand au ukulélé et me demandait de prendre le djembé. La chanson qui l’endormait bien c’était « somewhere only we know » de Keane… en passant par « Paradise » et d’autres de Coldplay, Bruno Mars, Pentatonix, Train, Gotye, « I’ll be missing you » de Puff Daddy marchait bien aussi, « Price Tag » version acoustique de Jessis J également… et beaucoup d’autres… mais je finirai par l’incontournable « somewhere over the rainbow », superbe berceuse avec de merveilleuses paroles comme cet extrait traduit : « un jour dans une berceuse, quelque part au-delà de l’arc-en-ciel, les oiseaux bleus volent et les rêves dont tu as rêvé, ces rêves se réaliseront, un jour je ferai un souhait en regardant une étoile… »

Mon p’tit cœur

La première visite de l’assistante sociale arriva. Elle a pu constater que tout le monde allait bien, surtout Haïlé. Il a pris du poids, il dort sereinement, il sourit, il est heureux ! Elle le connait bien, elle le suit depuis sa naissance. C’est elle qui l’a accompagné de la maternité à la pouponnière et lui a rendu visite tout au long de son parcours, jusqu’à chez nous. Elle nous dit de suite, qu’elle pourra espacer ses visites. Nous sommes rassurés. Haïlé est un enfant sage, facile et joyeux. Chaque soir, il dort dans son lit et je lui lis le livre « Notre Petit Lapin », qui raconte l’histoire d’un petit lapin qui est adopté par une maman vache et un papa cheval. Il se découvre un jour dans une flaque d’eau et voit qu’il ne leur ressemble pas… Il apprend alors qu’il a été adopté. C’est une très belle histoire qui permet d’expliquer le parcours adoptif aux enfants qui le vivent.

Nous ne rencontrons pas de difficultés particulières, nous nous partageons les tâches du quotidien et profitons à fond de chaque instant.

Nous vivons notre meilleure vie !

Devenir parents #2

Floue, mais je l’aime plus que tout !

Fin des traitements, on se penche exclusivement sur cette demande d’agrément, qui va nous prendre pas mal de temps. Tout va commencer par un courrier adressé au conseil général de l’Yonne pour faire part de notre désir d’adopter, puis une première réunion d’information avec les autres couples, qui suivent le même parcours. Nous sommes les plus jeunes parmi les 7 couples présents. On nous confirme qu’il faut avoir au moins 28 ans ou au moins 2 ans de mariage pour prétendre pouvoir demander un agrément en vue d’adoption. On est pile-poil ! on fait un tour de table pour se présenter et là… nous entendons des propos qui nous dépassent et qui sont loin de notre définition de l’adoption. On nous demande ce que l’on attend de l’adoption. Le premier couple annonce la couleur : « nous, on veut une fille, blonde, qui nous ressemble… » de mémoire, je suis restée bloquée sur cette réponse jusqu’à ce que notre tour arrive. Notre réponse « on souhaite pouvoir donner une famille à un enfant, qui soit si possible en bonne santé ». Le voilà notre seul et unique souhait.

Commence alors le parcours pour l’obtention de cet agrément tant rêvé. Étrangement, ou non d’ailleurs, la durée pour constituer le dossier, investigations sociales et psychologiques comprises, ne dépasse pas 9 mois. Nous allons devoir fournir un certain nombre de documents et rencontrer un psychologue, un psychiatre et un travailleur social, qui nous visitera à domicile ; afin d’évaluer nos capacités à offrir un avenir à l’enfant, à l’élever alors que nous ne l’avons pas mis au monde et qu’il a déjà un passé, une histoire, un vécu que nous n’avons pas partagé mais qui fait partie de son identité, et ce même s’il est adopté tout petit. On nous interroge sur notre histoire personnelle et familiale, sur notre niveau et mode de vie, notre vision de l’adoption, la position de nos familles et amis, la manière dont nous lui révélerons ses origines, son abandon… etc… Nous devons aussi fournir des attestations de nos proches, qui appuient notre projet en précisant comment l’on se comporte avec des enfants par exemple et des photos l’attestant.

Nous y voilà enfin, octobre 2005, nous obtenons le Graal 🙂 quelle joie ! Tout n’est pas encore gagné, il y a très peu d’enfants adoptables par an… environ 3 dans notre département. Nous sommes numéro 89 sur la liste d’attente… sans être bon en maths, le calcul est simple pour comprendre que nous ne serons pas parents avant la retraite. Par conséquent, en parallèle nous faisons une demande d’adoption au Mali. Le coup financier n’est pas négligeable (450€ environ), car il faut faire légaliser chaque copie de tout le dossier et les revêtir d’une apostille au consulat et à l’ambassade du pays, afin de pouvoir envoyer notre demande dans le pays. Chaque année, à la date anniversaire de l’agrément, nous devons obligatoirement adresser une lettre au président du conseil général, pour confirmer notre projet d’adoption. Durant 4 années nous l’avons renouvelé et proche de l’échéance du 5ème anniversaire, nous avions gagné quelques places dans le rang : 51ème…

Sencey et Kheira

Allez, on prend les mêmes et on recommence, pour reconstituer et actualiser le dossier car l’agrément est caduque au bout de 5 ans. Nous sommes un peu moins motivés, car déçus d’attendre, encore… Pour info, notre vie suit son cours. Malheureusement notre adorable chien, Sencey commence à fatiguer lui aussi, il vieillit… mais Kheira, une femelle bouledogue américain a rejoint notre famille (on y reviendra) ! De mon côté, on m’apprend que la biopsie faite sur mon grain de beauté à la joue gauche est un cancer de la peau que je dois faire retirer. La chance ne nous sourit pas et je vais devenir Albator (référence dessin animé de 1984) les plus jeunes ne connaîtront pas. J’exagère, le cicatrice est propre et bien faite.

Albator

Bref, ce matin du vendredi 21 mai 2010, nous sommes en voiture, Laurent, Sencey, Kheira et moi, pour aller au travail. Le portable sonne et je reconnais le numéro du conseil général. Je commence à pester en disant qu’il doit leur manquer un papier pour le renouvellement de l’agrément, que je rappellerai plus tard. Laurent décide de répondre, chose qu’il ne fait jamais. Je l’entends dire « bonjour Monsieur, je suis en train de conduire, ne quittait pas je vous passe ma femme » (je m’imagine le pire, car j’ai toujours contact avec Sylvie P… et si ce n’est pas elle en ligne c’est qu’il y a un problème… vous sentez la nana confiante !) Je prends donc la suite de l’appel et j’écoute « bonjour madame, je suis l’inspecteur de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), je vous appelle pour vous annoncer que vous êtes les heureux parents d’un petit garçon né le ** mars 2010 » – rien qu’en l’écrivant j’ai des frissons et le cœur qui se serre tellement ça m’émeut – je commence à pleurer au téléphone et n’arrive plus à parler. Il me dit « je ne vous entends plus mais j’ai l’habitude, écoutez-moi. Nous avons prévenu depuis déjà 15 jours ce petit garçon, qu’il a maintenant une famille, une maison avec un grand jardin et 2 chiens qui l’attendent. Lundi étant férié, si vous êtes d’accord,on se donne rendez-vous à la pouponnière mardi matin à 9 heures pour le rencontrer » Bon il n’y a pas de doute, la réponse est : OUI ! Nous avons prévenu nos parents dans la foulée. Les premières réactions, appelant en pleurs, car toujours sous le coup de l’émotion, ont été leur inquiétude, pensant que Sencey nous avait quitté… puis rassuré, quand j’ai annoncé à ma mère « maman tu vas être grand-mère ! » elle a d’abord été surprise et très rapidement heureuse, puis m’a demandé « c’est pour quand ? » j’ai répondu « dans 3 jours » elle n’a pas bien compris sur le moment mais tout s’est vite installé en chacun de nous.

Nous avons eu le week-end, pour préparer sa chambre, récupérer le matériel nécessaire et lui trouver un prénom. Ce sera Haïlé, et nous ne savions pas encore qu’il le porterait à merveille. Nous étions des parents, ça y est, au bout de 8 ans, nous allions faire la plus belle rencontre de notre vie, notre destin allait changer dans 3 jours. Arrivés à la pouponnière, nous étions assis autour d’une petite table avec la directrice de la pouponnière, Francine, la référente qui s’occupe du bébé depuis son arrivée, une assistante sociale et le monsieur qui nous a appris la nouvelle par téléphone. Quand Francine s’est levée et a dit « je vais le chercher », ma gorge s’est serrée et quand la porte s’est ouverte et que j’ai vu MON fils, NOTRE fils, j’ai (encore) pleuré (comme maintenant d’ailleurs). Il était là dans mes bras, à m’observer, sans pleurer, lui, il semblait serein et il était tellement beau ! Voyez par vous-même 🙂

1ère rencontre – le mardi 25/05/10
Jeudi 27/05/10 – journée passée à la maison

Le mardi première rencontre et balade tous les 3, le mercredi rendez-vous à la pouponnière pour l’heure du bain, le jeudi on emmène Haïlé à la maison et il est bien difficile de le raccompagner le soir à la pouponnière… vendredi 28 mai 2010, 14 heures, il vient vivre avec nous, avec son petit baluchon.

Notre histoire s’écrit ! Nous 3, ma sœur et ma maman à droite

A bientôt 🙂 pour la suite de nos aventures ! Merci d’être là.

La vie à 2… #1

Le ciel vu de notre village

Le hasard de la vie a mis sur ma route, Laurent, en mai 97 lors du 10ème Super VW National à Lège Cap Ferret. Ce rassemblement de cox, van, buggy… VW, va changer ma vie, notre vie. Nous sommes allés dans le même collège sans vraiment se fréquenter, mais ce temps là était bien loin 🙂 Notre histoire a commencé peu de temps après, par de longues soirées à regarder les étoiles, posés dans les vergers de cerisiers, au mois de juin. Il est vite devenu difficile de nous séparer, le jour comme la nuit, seuls ou entre amis. De chouettes moments au bord de l’eau, auprès du feu, au rythme des djembés et des rires, on était si bien ! Nos premières vacances, puis d’autres rassemblements avec notre premier combi bay window de 1975. Tout a toujours coulé de source, tout semblait facile.

Laurent qui a grandit entouré de chiens, a vite exprimé l’envie d’en avoir un à lui, à Nous ! Alors notre premier compagnon de route nous a vite rejoint, un peu avant notre premier Noël. Six mois tous les deux et déjà tellement de belles choses vécues. Notre superbe rottweiller, Sencey, un Amour de chien, tellement beau et intelligent. Notre vie s’est calée sur son rythme pour son bien-être. Cela nous a fait grandir et nous a prouvé que nous étions capables de protéger et élever un être vivant.

Sencey

Deux plus tard, avec un travail en poche, notre boule de poil adorée et un nouveau superbe combi VW split de 1968 pour les 22 ans de mon amoureux ; nous emménagions ! L’année suivante, nous avons décidé de mettre en route un bébé… mais c’est là que les choses ce sont compliquées. Après de longs mois d’attente, une fausse couche et de multiples rendez-vous médicaux, nous apprenions que pour envisager de devenir parents nous devrions avoir recours à la PMA (Procréation Médicalement Assistée).

A 23 ans, parrain et marraine déjà plusieurs fois, un amour des enfants grandissant, je ne vous cache pas notre déception. Entre colère et tristesse, le ciel nous tombait sur la tête. Tant de questions et en même temps, ce plongeon vers l’inconnu était une évidence. Nous allions être suivi au CHU de Dijon et si nous voulions un rendez-vous rapidement avec le professeur Sagot (il y a des noms que l’on oubli jamais), il nous fallait consulter en privé et donc payer plus cher. Nous avons vite compris ce qu’est une médecine à deux vitesses.

Bref, septembre 2002, nous commencions notre première FIV ICSI (Fécondation In Vitro par Micro-Injection). Fini le temps de l’insouciance. Nouvelle façon de vivre, car il faut préparer mon corps a la FIV en arrêtant l’ovulation et stimulant les ovaires par des injections d’hormones. Le rythme infernal des rendez-vous gynéco avec de nombreux contrôles et échographies pelviennes, des passages au labo pour des analyses et prises de sang un jour sur deux, sans compter l’attente du passage de l’infirmière chaque soir pour la piqûre puis deux piqûres au fur et à mesure de la progression, tout ça à (soit disant) heure fixe, les appels interminables vers 16 heures pour joindre l’hôpital de Dijon et avoir le dosage à injecter… mais malgré tout ça, on nous dit de ne pas penser à avoir un bébé pour que tout se passe au mieux, de ne pas stresser… heuuuuu ?! Nous avons trouvé que c’était intense, usant et sans aucun suivi psychologique. Un mois environ de piqûres dans le ventre et mon unique veine au bras gauche pour les prises de sang, le grand moment arrive enfin. Il va falloir déclencher l’ovulation, recueillir mes ovocytes, donc le soir entre minuit et une heure du matin, l’infirmière va pouvoir venir me piquer en intramusculaire dans la fesse ^^ Youhou !! Le lendemain à 7 heures nous devrons faire 1h30 de route pour aller à l’hôpital de Dijon, que je passe au bloc sous anesthésie générale pour la ponction des follicules, qui seront ensuite mis en contact avec les cellules sexuelles pour féconder et développer les embryons. Retour à la maison le jour même pour revenir 48 heures plus tard, la vessie pleine pour transférer deux embryons dans mon utérus et congeler les deux autres. Restez sage et attendre 12 jours pour la prise de sang… et à notre plus grand désespoir découvrir un résultat négatif. Nous allons devoir recommencer dans 6 mois et cela se déroulera ainsi 3 ans, soit 6 FIV, toujours un résultat négatif et une fatigue sans nom…

Nous avions déjà évoqué l’adoption, car le souhait d’avoir des enfants naturels et adoptés était un choix mutuel. Pour se faire, nous prenons les devants et décidons en juin 2003 de nous marier le 27 septembre de la même année, en pleine canicule, avec une soixantaine d’invités, seuls les plus proches et aimants seront là. L’aventure FIV prendra fin… deux ans plus tard, c’est décidé, quand en mai 2005 un drame survient dans notre famille, Laurent perd son papa de façon dramatique, nous sommes usés, nous choisissons d’arrêter les traitements.

Parfois le chemin s’assombrit mais on reste soudé. Je vous retrouve très vite pour la suite de notre histoire.

Qui suis-je ?

Pour commencer, je m’appelle Emmanuelle et j’ai 42 ans. Et oui, il n’y a pas d’âge pour se lancer, non ?!

Je suis allée jusqu’au Bac, voulant ensuite faire des études pour être éducatrice de jeunes enfants mais pendant un petit boulot d’été, avant la reprise, j’ai eu l’opportunité de devenir secrétaire de mairie dans mon village (1600 habitants environ).

Je suis en couple depuis 22 ans et mariée depuis 16 ans. Maman, après un parcours atypique, il y a 9 ans maintenant. Épicurienne, aimant les animaux et la nature, la photographie, les vacances, la bonne bouffe et le respect de la planète 🙂

Nous vivons à la campagne et nous avons une femelle bouledogue américain âgée de 12 ans et 2 chats.

Merci de découvrir mon quotidien ici.

C’est Moi 😉

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